Beauvais redonne un nouveau souffle au commerce local

Beauvais redonne un nouveau souffle au commerce local

L’ouverture du centre du Jeu de Paume conforte l’attractivité du centre-ville. 600 emplois ont été créés.

C’est un samedi après-midi comme les autres depuis l’ouverture du centre commercial du Jeu de Paume de Beauvais. Dans les allées flambant neuves, les clients flânent en portant, comme autant de traces de leurs déambulations, les sacs des différents magasins visités. Séphora, Okaïdi, La Grande Récrée, H&M… Au total, quelque 80 enseignes, réparties sur deux niveaux, se partagent les 24 000 m2 de ce centre commercial unique en Picardie.«Ce projet répondait à un constat simple : chaque année 110 millions d’euros échappaient au commerce local, faute d’offre suffisante. La communauté d’agglomération a voulu juguler cette évasion commerciale en créant un pôle fort», explique Sébastien Proust, en charge du développement commercial au sein de l’agglomération du Beauvaisis.

 Un pari double

Pour la collectivité, le pari était double : développer l’offre locale et l’attractivité du centre, sans nuire au tissu commercial existant. «Pour que Le Jeu de Paume soit une locomotive, il fallait jouer la complémentarité et réfléchir, en amont, à la façon dont il pouvait irriguer le centre-ville », poursuit le responsable. Pour relever ce challenge, la communauté d’agglomération a choisi un spécialiste internationalement reconnu de l’aménagement commercial : le groupe Hammerson, un géant du secteur, qui en France gère pas moins de 9 centres commerciaux, dont Les 3 Fontaines à Cergy Pontoise ou les Terrasses du Port, à Marseille. A Beauvais, l’investissement réalisé par le groupe s’est élevé à 83 millions d’euros. Sur cette somme, 300 000 euros ont été prévus pour favoriser le dynamisme du centre-ville, en modernisant par exemple les façades et les vitrines, en créant des opérations commerciales inédites ou en lançant de nouvelles opérations de communication. Une assistante a également pu être recrutée au sein de l’association des commerçants.

«Bien inséré dans la ville grâce à une architecture de grande qualité, notre projet devait logiquement participer à son développement », souligne pour sa part Marion Le Tiec, directrice du Jeu de Paume. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour constater le succès de la recette du groupe dans l’Oise.

En quelques mois, la quasi-totalité des 84 cellules commerciales ont en effet trouvé preneur. «Plusieurs semaines avant l’ouverture, près de 80% des habitants faisaient part de leur intention de fréquenter le site. Nous avons accueilli 100 000 visiteurs au cours de cinq premiers jours d’ouverture. C’était au-delà de nos espérances », confie la directrice.

Premiers effets positifs

Selon elle, le Centre commercial produirait déjà ses premiers effets positifs. Outre les 600 emplois créés, celui-ci aurait déjà permis d’augmenter l’attractivité de la ville. « Nous constatons une nouvelle clientèle venant de villes comme Amiens, Gisors ou l’Isle Adam par exemples. Il est clair aussi que les clients effectuent une double visite : du centre commercial, suivie de celle du centre-ville».

«Le centre joue d’autant plus un rôle moteur que nous avons mené, en parallèle, la réfection totale de la place Jeanne Hachette, souligne pour sa part Benoît Miron, conseiller municipal de Beauvais en charge du commerce. Lui-même commerçant, l’élu accueille avec enthousiasme l’ensemble ces travaux. « Je n’ai jamais vu autant de gens se prendre en photos, boire un verre, consommer dans nos rues », se réjouit-il. Et les choses devraient encore progresser. Fin décembre, le conseil municipal de Beauvais a en effet adopté une « charte de qualité urbaine », destinée à améliorer encore le paysage commercial local en lui donnant plus de cohérence et d’unité.

Charte de qualité urbaine

En partenariat avec le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de l’Oise (CAUE), les chambres consulaires et l’association des commerçants, Beauvais boutiques plaisirs, la ville de Beauvais a édité un véritable guide des bonnes pratiques à destination des commerçants traitant de questions aussi diverses que le mobilier en terrasse, le positionnement des enseignes, ou les couleurs de façade. «Il s’agit d’offrir une nouvelle expérience aux personnes qui fréquentent le centre-ville, un lieu où il fait bon se promener en famille, faire des achats et plus largement vivre ».

A  Beauvais, le taux de vacance commerciale, c’est-à-dire le nombre de magasins inoccupés est de 6%, soit un à deux points de moins que la moyenne nationale.

Des applications mobiles pour un dynamisme commercial 2.0

C’est désormais une obligation. Pour attirer les consommateurs, les espaces commerciaux doivent être connectés. « Il s’agit d’associer commerces physiques et technologies numériques, pour proposer à nos visiteurs une expérience enrichie à travers un parcours shopping facilité par le digital. Le wifi, gratuit, est disponible en durée illimitée », indique Marion Le Tiec, directrice du Jeu de Paume.

Comme dans ses autres centres, le groupe Hammerson a déployé au Jeu de Paume son application mobile “PLUS”. Disponible gratuitement sur Google Play et sur l’Apple Store, celle-ci permet de bénéficier d’offres promotionnelles exclusives et donne également accès à des informations pratiques (horaires d’ouverture, accès) ainsi qu’aux actualités du centre.

A l’intérieur, un système de géolocalisation via 159 balises ibeacons permet par ailleurs d’alerter tous les détenteurs de l’application des offres disponibles, selon leurs centres d’intérêt et via des notifications push personnalisées à l’approche des différentes boutiques.

Cette nouvelle façon de faire du shopping ne concerne pas le seul centre commercial. L’association des commerçants du centre-ville s’est elle aussi dotée d’un application smartphone, baptisée « Boutic Beauvais ».

« L’application recense les 520 commerces du centre-ville. Nos adhérents peuvent ajouter leurs coordonnées, des photos, des bons plans… Nous dressons aussi la liste des différents événements commerciaux. C’est un outil numérique au service du commerce physique », se réjouit Eline Watbot, animatrice au sein de l’association des commerçants.